« Philippe Mélanchthon » : différence entre les versions

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{{voir homonymesRedirect| Mélanchthon}}
 
{{Autre|le portrait de Mélanchthon par Dürer|Philipp Melanchthon (Dürer)}}
 
{{Infobox Écrivain
| nom = Philippe Mélanchthon
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| œuvres principales = ''Les Lieux communs'' (1521)
| complément =
| signature = Melanchton_sigMelanchton sig.jpg
}}
 
'''Philippe Mélanchthon'''<ref>Le nom original Philippus Melanchthon a été transposé en allemand en Philipp Melanchthon, en anglais en Philip Melanchthon, en italien en Filippo Melantone, en polonais en Filip Melanchton.</ref> est la {{Incise|forme francisée en usage dès le {{s-|XVI|e}}<ref>[[Jean Paris]], ''Mélanchthon: sa vie, son œuvre'', 1870, {{p.|9}} : {{citation|''Il n'avait pas trompé les prédictions d'Érasme qui, déjà en 1516, disait de lui : "Mon Dieu, quelles espérances ne peut-on pas concevoir de Philippe Mélanchthon, qui, quoique jeune homme et même presque enfant..."''}}. </ref>{{,}}<ref>[[Pierre Bayle]], ''[[Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle]]'', tome 10, « Mélanchthon (Philipe) ». </ref>{{,}}<ref>« Philippe Mélanchthon », dans : ''Univers de la Bible'' ([http://www.universdelabible.net/bible-et-histoire/les-reformateurs/266-philippe-melanchthon-1497-1560 lire en ligne]).</ref>{{,}}<ref>Guillaume Paradin, ''Histoire de nostre temps'', 1552, {{p.|420}} : « En celle Diette sur plusieurs articles concernants le fait delade la religion, par maistre Iean Eckius pour la partie des Catholiques , à lencontre de Philippe Melanchthon deputé des Protestans » ; </ref>{{,}}<ref>''Commentaire de Philippe Melanchthon, sur le livre des revelations (''sic'') du prophete Daniel'', éditeur Jean Crespin, 1555 ; </ref>{{,}}<ref>portrait de Philippe Melanchthon dans : ''Les vrais portraits des hommes illustres en piété...'', Genève, 1581, {{p.|28}} ([https://books.google.be/books?id=BeJaAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false].</ref> dulire nomen de l'[[Érudition|éruditligne]] [[humaniste]], [[philosophe]] et [[Réformateur protestant|réformateur]] [[protestantisme|protestant]] [[allemand]] '''Philipp Melanchton''').</ref>Lerner 2006, voirissue bibliographie.</ref>de (1497-1560),son ennom latin '''Philippus Melanchthon''', en grec '''Φίλιππος Μελάγχθων''' transcription ou interprétation approximative de son patronyme allemand '''Philipp Schwarzert'''<ref>{{Efn|Son nom de famille était Schwarzert ou Schwarzerdt , la terminaison « ert » qu'on rencontre dans beaucoup d'anthroponymes comme Reichert, Bossert, Weissert, mais n'ayant rien à voir avec « Erde », la terre.
 
* Philip Schaff, David Schley Schaff, ''Modern Christianity ; the German Reformation'', 1960, 2d éd, {{p.|185}} : « ''original name was not Schwarzerd, but Schwarzert or Schwarzer, i.e., Black, and has nothing to do with the earth'' ». (traduction : « le nom original n'était pas Schwarzerd, mais Schwarzert ou Schwarzer, c'est-à-dire Noir et n'a rien à voir avec 'terre' »).
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* Karl August von Hase, ''Reformation und gegenreformation'', 1891, {{p.|35}} : « ''Sein gräcisirter Name ist wohl durch Reuchlin nach damaliger gelehrter Sitte veranlaßt worden, aber der Vater hieß nicht Schwarzerde, sondern Schwarzert'' ». (traduction : « Son nom grécisé lui fut assurément donné par Reuchlin selon la coutume des lettrés de l'époque, mais son père ne s'appelait pas Schwarzerde, mais bien Schwarzert »).
* Johannes Haller, ''Die Anfänge der Universität Tübingen 1477-1537: zur Feier des 450 jährigen Bestehens der Universität im Auftrag ihres Grossen Senats dargestellt'', 1927, vol. 1 : « ''Philipp Melanchthon. Der junge Schwarzert - die häßliche und noch dazu falsche Gräzisierung seines Namens verdankt er Reuchlin... Der Name Schwarzert hat mit 'Erde' so wenig zu tun wie Reichert, Bossert, Weissert u. ä.'' ». (Traduction : « Philippe Mélanchthon. Le jeune Schwarzert - il doit à Reuchlin l'hellénisation hâtive et de ce fait erronée de son nom.... Le nom Schwarzert a aussi peu à voir avec 'terre' - Erde - que les noms Reichert, Bossert, Weissert et autres »).
* Alfred Bähnisch, ''Die deutschen Personennamen'', 1910, {{p.|101}} : « ''Man hat behauptet, der Name sei falsch übersetzt ; er habe mit 'Erde' nichts zu tun, sondern habe Schwarzert gelautet, das wie Weißert und Braunert'' ». (Traduction : « L'on a affirmé que le nom serait faussement traduit, il n'aurait rien à voir avec 'Erde', terre, mais était écrit Schwarzert, cela comme Weissert et Braunert »).</ref>}}}}, le {{Date de naissance|16|2|1497}} à [[Bretten (Bade-Wurtemberg)|Bretten]] ([[Palatinat du Rhin]]) et mort le {{Date de décès|19|4|1560}} à [[Wittemberg]] ([[Électorat de Saxe]]), est un [[érudit]] [[humaniste]], [[philosophe]] et [[réformateur protestant]] [[allemand]].
 
Docteur en théologie, professeur à l'université, disciple de [[Martin Luther]], Mélanchthon est surtout connu pour avoir rédigé, en [[1530]], la ''[[Confession d'Augsbourg]]''<ref>[http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3159 Article « Mélanchthon », dictionnaire de Ferdinand Buisson].</ref>. Il est en outre le créateur du terme ''[[psychologie#Étylomogie|psychologie]]'', forgé à partir du grec<ref>[http://www.cnrtl.fr/etymologie/psychologie Article « psychologie » (étymologie), ''TLFi''].</ref>.
 
== Jeunesse et éducation ==
Mélanchthon naitnaît le {{date|16|février|1497}} à [[Bretten (Bade-Wurtemberg)|Bretten]], près de [[Karlsruhe]], dans le [[Palatinat du Rhin|Palatinat]] ([[Saint-Empire]], actuelle [[Allemagne]]), où son père, Georg Schwartzert, est armurier au service du [[Philippe Ier du Palatinat|comte palatin Philippe {{Ier}}]].
 
En 1507, il est envoyé à l'école latine de [[Pforzheim]], dont le recteur, ''[[Georg Simler de Wimpfen]]'', l'initie à l'étude des poètes latins et grecs ainsi qu'à la philosophie d'[[Aristote]].
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== Professeur à Wittemberg ==
Sentant une vive opposition du parti scolastique aux réformes qu'il souhaite introduire à l'[[Université Eberhard Karl de Tübingen|université de Tübingen]], Mélanchthon accepte volontiers un poste de professeur de grec à [[Wittemberg]], où il suscite une grande admiration avec son ''De corrigendis adolescentiae studiis'' inaugural. Il fait cours devant cinq à six cents étudiants, puis mille cinq cents. Il est tenu en haute estime par [[Martin Luther]], dont l'influence le conduit à l'étude des [[Écritures saintes|Écritures]], surtout de l'[[apôtre Paul]], et ainsi à une connaissance plus vivante de la doctrine évangélique du salut.
 
Philippe Mélanchthon assiste à la [[disputatio de Leipzig]] (1519) qui voit s'affronter verbalement Luther et [[Jean Eck]] ; il n'est que spectateur, mais influence suffisamment la discussion par ses commentaires et ses suggestions pour donner à Jean Eck un prétexte pour l'attaquer. Dans sa ''Defensio contra Johannem Eckium'' (Wittemberg, 1519) il avait déjà clairement développé les principes de l'autorité des Écritures et de la nécessité de leur interprétation.
Dans sa ''Defensio contra Johannem Eckium'' (Wittemberg, 1519) il avait déjà clairement développé les principes de l'autorité des Écritures et de la nécessité de leur interprétation.
 
En raison de l'intérêt qu'il montre pour la [[théologie]] dans ses conférences sur l{{'}}''[[Évangile de Matthieu]]'' et l{{'}}''[[Épître aux Romains]]'', en même temps que dans ses recherches sur la doctrine de [[Paul de Tarse|Paul]], on lui accorde le grade de bachelier (''baccalaureus'') en théologie, et son poste est transféré à la faculté de théologie. Bientôt, il est lié encore plus fortement à Wittemberg par son mariage avec [[Katharina Krapp]], la fille du maire, mariage contracté sur les instances pressantes de ses amis, et particulièrement de [[Martin Luther|Luther]] ({{date|25|novembre|1520}}).
Bientôt, il est lié encore plus fortement à Wittemberg par son mariage avec Katharina Krapp, la fille du maire, mariage contracté sur les instances pressantes de ses amis, et particulièrement de Luther ({{date|25|novembre|1520}}).
 
== Controverses théologiques ==
Au début de l'année 1521, dans son ''Didymi Faventini versus Thomam Placentinum pro M. Luthero oratio'' (Wittemberg, n.d.), Mélanchthon défend [[Martin Luther|Luther]] en prouvant que ce dernier ne rejetait que les pratiques papales et ecclésiastiques qui contredisaient les [[Bible|Écritures]], mais non la vraie [[philosophie]] ni le « vrai [[christianisme]] ». Mais durant l'absence de [[Martin Luther|Luther]], réfugié au [[château de la Wartbourg]] pendant les troubles provoqués par les « prophètes » de Zwickau, Philippe Mélanchthon, par manque de fermeté et d'assurance, ne fit pas preuve de l'autorité nécessaire pour gérer ce problème, si bien que, sans l'intervention énergique de Luther, les « prophètes » n'auraient pu être réduits au silence.
[[File:Philipp-Melanchton Kopf Lessing-Gymnasium-Frankfurt LWS2962.JPG|thumb|left|Tête de la statue de Melanchton devant un lycée à Francfort]]
La parution des ''Loci communes rerum theologicarum seu hypotyposes theologicae'' de Mélanchthon ([[Wittemberg]] et [[Bâle]], 1521) fut très importante pour la confirmation et l'expansion des idées de la Réforme. En accord parfait avec Luther, Mélanchthon présente la nouvelle doctrine du christianisme sous la forme d'une discussion des « pensées principales » de l'[[Épître aux Romains]]. Son but n'était pas de donner une exposition systématique de la foi chrétienne, mais une cléclef pour la compréhension exacte des Écritures.
 
Néanmoins, il continue son cours de lettres classiques et, après le retour de Luther, il aurait pu renoncer entièrement à son travail théologique si [[Martin Luther|Luther]] n'avait pas insisté.
 
Au cours d'un voyage à sa ville natale, en 1524, il est amené à traiter avec le légat du pape Campeggio qui essaie de l'arracher à la cause de Luther, mais sans succès, ni à ce moment, ni plus tard. Dans son ''Unterricht der Visitatoren an die Pfarrherren für das Kurfürstentum Sachsen '' (1528), Mélanchthon présente clairement sa vision de la doctrine évangélique du salut en jetant les bases de la réforme de la doctrine aussi bien que des règlements des églises et des écoles, mais sans faire la moindre attaque directe contre l'enseignement de l'Église romaine.
 
En 1529, il accompagne le prince électeur à la [[Diète de Spire]] pour représenter la cause [[évangélisme|évangélique]]. Ses espoirs d'amener le parti impérial à une reconnaissance pacifique de la Réforme ne se réalisent pas. Il se repent plus tard de la sympathie qu'il avait manifestée envers les Suisses à la Diète, il considère la doctrine de [[Ulrich Zwingli|Zwingli]] sur la [[Sainte-Cène|Cène]] comme « un dogme impie » et il confirme [[Martin Luther|Luther]] dans son attitude de refus.
 
== Confession d'Augsbourg ==
Bien que fondée sur les articles de Luther, ceux de Schwabach et de Marbourg, la [[confession d'Augsbourg]], qui fut présentée devant la [[Diète d'Empire à Augsbourg|Diète d'Augsbourg]] en 1530, était surtout l'œuvre de Mélanchthon. Il est vrai que Luther n'a pas caché le fait que l'attitude irénique de cette confession n'était pas ce qu'il avait souhaité mais, ni lui, ni Mélanchthon, n'étaient conscients de la moindre différence dans la doctrine ; aussi la profession de foi protestante la plus importante est-elle un monument de l'harmonie entre les deux réformateurs sur les enseignements de l'Évangile. Certains diraient qu'à la Diète, Mélanchthon n'a pas montré cette attitude digne et ferme que la foi en la vérité et la justice de sa cause auraient pu lui inspirer, peut-être parce qu'il n'avait pas cherché à jouer le rôle d'un chef politique, de même qu'il a peut-être manqué de la connaissance nécessaire de la nature humaine, aussi bien que d'énergie et de décision. L{{'}}''[[Apologie de la Confession d'Augsbourg]]'', également l'œuvre de Mélanchthon, était aussi une exposition claire des doctrines contestées, tirées immédiatement de l'expérience et des Écritures.
 
Maintenant dans une tranquillité relative, Mélanchthon pouvait se consacrer à ses travaux universitaires et littéraires. Le travail théologique le plus important de cette période fut les ''Commentarii in Epistolam Pauli ad Romanos'' (Wittemberg, 1532), un ouvrage remarquable en ce que, pour la première fois, il établissait sur un plan dogmatique que l'expression « être justifié » signifiait « être regardé comme juste », alors que l'Apologie plaçait toujours côte à côte les deux significations « être rendu juste » et « être regardé comme juste ». La réputation croissante de Mélanchthon fut l'occasion pour lui de recevoir plusieurs appels honorables à Tübingen ({{date-|septembre 1534}}), en France et en Angleterre, mais son respect pour le prince électeur l'incita à les refuser.
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Il prit une part importante aux discussions sur la Cène qui commencèrent en 1531.
Il approuva totalement la [[Concorde de Wittemberg]], envoyée par [[Martin Bucer]] à Wittemberg et, à l'instigation du Landgrave de Hesse, discuta de la question avec [[Martin Bucer]] (1491-1551) à Cassel, à la fin de 1534.
Il travailla avec passion à un accord, car ses études de [[Patristique et patrologie|patristique]] et le ''Dialogue'' (1530) d'de [[Jean Œcolampade]] l'avaient incité à douter de l'exactitude de la doctrine luthérienne.
De plus, après la mort de d'[[Ulrich Zwingli]] (1484-1531) et le changement de la situation politique, ses premiers scrupules concernant une union perdaient leur poids.
[[Martin Bucer|Bucer]] n'alla pas jusqu'à croire avec Luther que le vrai corps du Christ dans la Cène était broyé avec les dents, mais admettait l'offrande du corps et du sang dans les symboles du pain et du vin.
Mélanchthon discuta les vues de Bucer avec les principaux partisans de Luther ; mais Luther lui-même ne voulut pas accepter qu'on voilât simplement le différend.
Les relations entre Mélanchthon et Luther ne furent pas troublées par son office de médiateur, bien que Luther eût un moment pensé que Mélanchthon était « presque de l'opinion de Zwingli » ; malgré tout, il souhaitait « partager son cœur avec lui. »
 
Au cours de son séjour à Tübingen, en 1536, Mélanchthon fut sévèrement pris à partie par ''[[{{Lien|lang=de|trad=Konrad Cordatus]]''|fr=Konrad Cordatus}} (1480-1546), prédicateur à [[Niemegk]], parce qu'il enseignait que les œuvres étaient nécessaires pour le salut. Dans la deuxième édition de ses ''Loci'' (1535) il abandonna sur le déterminisme la stricte doctrine qu'il avait d'abord défendue et qui allait même au-delà de celle d'Augustin, et à la place enseigna plus clairement ce qu'il appelait le [[Synergie|synergisme]]. Il réfuta les attaques de Cordatus dans une lettre à Luther et à ses collègues, en déclarant qu'il n'avait jamais abandonné leurs enseignements communs sur ce sujet, et dans la controverse de 1537 sur l'[[antinomisme]], Mélanchthon fut en harmonie avec [[Martin Luther|Luther]].
 
== Relations avec Luther ==
Les relations personnelles entre les deux grands réformateurs durent résister à bien des épreuves pendant ces années-là, du fait qu'[[Nikolaus von Amsdorf|Amsdorf]] et quelques autres essayaient de monter Luther contre Mélanchthon, si bien que son séjour à Wittemberg sembla par moments presque insupportable à Mélanchthon, qui se comparait « à « Prométhée enchaîné sur le Caucase. »
 
Vers cette époque eut lieu l'épisode bien connu du deuxième mariage de [[Philippe de Hesse]]. Mélanchthon, tout comme Luther, bien qu’embarrassé, considéra la séparation préalable de l'union existante et redigearédigea un compromis mais conseilla à Philippe de rester discret - et assista au re-mariageremariage. MalheureusemenetCependant, la chose fut rendue publique et les théologiens discreditésdiscrédités. C'est pourquoi laCette publication l'affecta à tel point qu'il tomba gravement malade à Weimar, d'autant plus que Charles-Quint eut ainsialors un moyen de pression sur l’électeur de Saxe, auquel qu'il somma sous peine de mort, de ne plus avoir de collusion avec la Ligue de Smalkalde. CeciCet incident donneradonna l’occasion à l’empereur de reprendre le contrôle de certains États évangéliques.
 
En {{date-|octobre 1540}}, Mélanchthon prit une part importante au colloque religieux de Worms, où il défendit de façon claire et fermefermement les doctrines de la [[Confession d'Augsbourg]]. MélanchthonIl utilisa comme base de discussion une édition de la Confession d'Augsbourg qui avait été révisée par lui (1540) et fut appelée par la suite ''Variata''.
Bien qu'Eck eût montré le changement assez substantiel de l'Article X concernant la Cène, les protestants n'en furent pas offensés.
Le colloque n'échoua pas, comme certains l'affirment, en raison de l'obstination et de l'irascibilité de Mélanchthon, mais à cause de l'impossibilité de faire aux catholiques davantage de concessions.
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Ses vues concernant la Cène, développées en union avec Bucer à l'occasion d'un projet de réformation pour l'Électorat de Cologne (1543), lui valurent une critique sévère de la part de Luther qui souhaitait une déclaration claire sur la question de savoir « si le vrai corps et le vrai sang étaient reçus physiquement ». Depuis sa chaire, Luther laissa libre cours à son déplaisir, et Mélanchthon s'attendait à être chassé de Wittemberg.
Seuls les efforts du Chancelier Bruck[[Gregor Brück]] et de l'électeur réussirent à tempérer sa colère ; mais à partir de ce moment, Mélanchthon dut souffrir de la mauvaise humeur de Luther, alors qu'il était affligé par divers problèmes domestiques.
 
La mort de Luther, le {{date|18|février|1546}}, l'affecta de la façon la plus pénible, non seulement à cause de ce qu'ils avaient vécu en commun pendant leurs vies et dans leurs luttes, mais aussi parce qu'il la considérait comme une grande perte pour l'Église protestante.
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== Controverses avec Flacius ==
La dernière partie de sa vie fut remplie de difficultés et de souffrances ; cela commença par les controverses sur les Intérims et les ''adiaphora'' (1547).
Au vrai, Mélanchthon avait rejeté l'[[Intérim d'Augsbourg]], que l'empereur avait essayé d'imposer aux protestants vaincus, mais au cours des négociations concernant ce qu'on appelle l'Intérim[[intérim de Leipzig]], il fit des concessions que sur bien des points il est difficile de justifier, même si l'on tient compte de sa position difficile, opposé qu'il était à l'électeur et à l'empereur.
 
En acceptant certains usages romains, Mélanchthon partait de l'opinion qu'il s'agissait d{{'}}''adiaphora'' si rien n'était changé dans la pureté de la doctrine et des sacrements institués par Jésus, mais il ne voyait pas que les concessions faites dans de telles circonstances devaient être regardées comme un reniement des convictions évangéliques.
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Après la mort de Luther il devint le « chef théologique de la Réformation allemande », chef contesté cependant : les Luthériens avec [[Matthias Flacius]] à leur tête, l'accusaient d'hérésie et d'apostasie, lui et ses disciples.
De fait, la mort de Luther fragilise le camp protestant « luthérien » dans l'espace germanophone.
Les partisans de Luther se divisent rapidement en deux camps opposés: les [[philippistes]] , partisans de Melanchton et les [[gnésio-luthérien]]s ("gnésio" signifie vrai, véritable, en grec) qui ne pardonneront pas à Melanchton de retoucher quoi que ce soit aux écrits de Luther.
Les gnésio publient même les propos de table de Luther, sous le titre de Tischreden.
 
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Melanchton meurt le {{date|19|avril|1560}} à [[Wittemberg]].
 
== Œuvres de Mélanchthon ==
[[Fichier:Loci-communes.jpg|thumb|upright|Page de garde des ''Loci praecipui theologici'' de 1552]]
* ''La foi des Églises luthériennes. Confessions et catéchismes'' / textes publiés par André Birmelé et Marc Lienhard ; traduction d'André Jundt et Pierre Jundt. Paris : Éd. du Cerf ; Genève : Éd. Labor et fides, 1991. 605p. {{ISBN|2-204-04066-5|2-8309-0611-X}}. <textes de Mélanchthon et Luther>
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== Hommage ==
* L'astéroïde [[(7906) Mélanchthon]] a été nommé en son honneur.
* Une église de [[Cologne]], dans le quartier de [[Zollstock]], porte son nom.
 
== Notes et références ==
 
=== Notes ===
 
== Références ==
{{Traduction/Référence|en|Philipp Melanchthon|89080122}}
 
{{Notes}}
 
=== Références ===
 
{{Références}}
 
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=== Articles connexes ===
* ''[[ Der Bapstesel zu Rom |Âne du pape]]''
* ''[[Confession d'Augsbourg]]'' (1530)
=== Liens externes ===
* ''{{Lien|lang=de|trad=Apologie der Confessio Augustana|fr=Apologie de la Confession d'Augsbourg}}'' (1531)
* {{Autorité}}
* ''{{Lien|lang=de|trad=Initia doctrinae physicae|fr=Initia doctrinae physicae}}'' (1549)
* {{Bases}}
* ''{{Lien|lang=de|trad=Melanchthonpreis der Stadt Bretten|fr=Prix Melanchton de la Ville de Bretten}}
* {{Dictionnaires}}
 
* [http://www.universdelabible.net/bible-et-histoire/les-reformateurs/266-philippe-melanchthon-1497-1560 Biographie de Philippe Mélanchthon.]
=== Liens externes ===
* [http://www.christianity.com/church/church-history/timeline/1201-1500/reformer-philip-melanchthon-11629902.html Reformer Philip Melanchthon]
{{Liens}}
 
{{Palette|Martin Luther}}